Mourir.
Mourir une fois et une fois seulement pour ne plus être et ne plus subir.
Mourir pour, non pas s'annihiler, mais se libérer.
Mourir, car vivre c'est parfois trop dure à assumer.
Mourir parce que la mort n'est pas une réponse, mais qu'elle supprime les questions.
Mourir.
Pourquoi ? Parce que l'on ne se trouve pas, ou alors on est tel que l'on fut et on se subit.
Je me subis.
Je suis tel que je suis .Il aurait fallu que je sois autre. Je ne me serais pas compris, mais on m'aurait compris. Je serais différent mais commun. Là je suis commun mais trop différent, ou c'est ce qu'on me faire croire.
Les ombres du passé me suivent, ce sont les poids des mots répétés et les chocs de la vie.
La considération d'autrui est la plus belle chose au monde. L'homme dans son identité la plus profonde meurt dans un lac de volonté d'être compris. Je me suis compris, on me trompe. Je rêve on m'illusionne. Je me construit on me brise.
Il y a une heure encore j'étais amoureux, l'homme le plus heureux qu'il soit. Maintenant je suis effondré.
Indépendamment de ma volonté je veux mourir.
L'aube était demain, l'aube ne sera plus.
Mourir dans la dignité et le respect de ma personne, voila ce que je veux. Ne subir aucun mal, aucun plaisir dans la mort, aucun choix et aucun regret.
Je veux mourir comme je suis né, inconscient et libéré de moi-même, malgré que je sois emprisonné à la fois.
Je veux mourir car j'aime profondément les hommes et leur humanité, mais moi je n'en suis pas. « Etre supérieur » certains diront, c'est ce que je redoute et qui me fait mourir.
Rien d'autre dans la vie que regret et espérance, rien dans la mort.
Complexe est mon nom, paradoxe est ma vision, brisée est ma destinée, nulle est mon aspiration, vide est mon essence.
Qui me considère m'ignore mais qui m'ignore me considère. Je veux mourir pour ne plus être considéré et ne plus avoir à être ignoré.
La faim de fin me tiraille. Comprendre par ce que j'étais et non par ce que je suis. Mourir sobre, perdre la vie, la joie mais aussi l'humilité, l'appréhension, la considération, l'orgueil, le dédain, la démocratie et la tyrannie, les deux côtés du monde, le moi terrible que je suis et l'être perdu que je pense être.
Hier encore j'aimais, aujourd'hui on me fait mourir. Enfant indigne d'être parce que je n'ai pas été voulu, enfant qui perd la volonté et le règne de l'ordre, enfant vieux de ne plus être voulu. Enfant tué.
Etre sans amour, sans âme véritable que celle qui m'est donnée. Mourir de mort et non d'autre chose dans l'oubli de ce que j'ai été. Etre Jaloux du reste parce qu'il n'est pas ce reste... être haineux d'être lui. Etre mort d'une volonté perdue.
Il n'y a pas de souffrance, il n'y a qu'une raison irraisonnée de chose raisonnées mais pas perçues par la raison.
Avoir vécu sans souvenir et maintenant mourir sans avoir vécu.
Mourir car je suis dangereux.
Dangereux par ma faiblesse.
Mourir pour que vous viviez.